Qu'est-ce que la percussion
La percussion est l'action d'amorcer la combustion de la poudre dans une cartouche. Elle consiste à frapper un composé chimique sensible au choc (l'amorce) qui génère une flamme, laquelle enflamme la poudre propulsive.
Deux grandes familles de cartouches selon la position de l'amorce :
Percussion annulaire (Rimfire)
Principe
Dans les cartouches à percussion annulaire (rimfire), l'amorce est intégrée dans le rebord creux de la jupe (culot) de la douille. Le percuteur frappe le bord de la cartouche, écrasant la jupe et enflammant l'amorce distribuée tout autour du rebord.
Calibres principaux
Le .22 Long Rifle est de très loin le calibre rimfire le plus répandu au monde. Il est aussi le calibre sportif par excellence : bon marché, peu de recul, précis.
Autres calibres rimfire : .17 HMR, .22 Magnum, .22 Short, .22 Long (tous moins courants que le .22 LR).
Spécificités du rimfire
Avantages : fabrication simple, cartouches bon marché, faibles pressions.
Inconvénients : impossible à recharger (le culot est déformé lors de la percussion), régularité de l'amorçage légèrement inférieure aux centrefire, limité aux faibles pressions.
En tir sportif : le .22 LR est omniprésent en carabine 50m, biathlon, et pistolet 50m.
Percussion centrale (Centerfire)
Principe
Dans les cartouches à percussion centrale (centerfire), l'amorce est une capsule indépendante logée au centre du culot de la douille. Le percuteur frappe directement cette capsule.
Deux types d'amorces centerfire
Système Boxer (dominant en Europe et aux États-Unis) : amorce indépendante avec enclume intégrée dans l'amorce elle-même. Douille avec un seul trou de cheminée central. Facilement rechargeable.
Système Berdan : enclume intégrée dans la douille, amorce sans enclume. Douilles avec deux petits trous de cheminée. Courant dans certaines munitions militaires européennes et soviétiques. Difficile à recharger.
Avantages du centerfire
- Amorçage plus fiable et régulier que le rimfire
- Permet le rechargement des douilles (Boxer)
- Applicable à une très grande gamme de pressions et calibres
- Calibres depuis le .22 Hornet jusqu'au .50 BMG
Les mécanismes d'armement
Mécanisme à chien externe (hammer)
Le chien est une pièce pivotante visible à l'extérieur de l'arme qui, en armant, comprime un ressort de percussion. Lors du tir, il bascule vers l'avant et frappe le percuteur ou directement l'amorce.
Caractéristiques : le chien visible permet de vérifier visuellement l'état d'armement de l'arme. On peut désarmer en abaissant le chien doucement en maintenant la gâchette.
Exemples : Colt 1911, SIG Sauer série P (certains modèles), revolvers, fusils de ball-trap.
Mécanisme à percuteur frappeur (striker-fired)
Le percuteur frappeur (striker) est un percuteur intégral comprimé par un ressort, logé dans la culasse. Pas de chien externe visible. La gâchette libère directement le percuteur.
Caractéristiques : profil plus bas, mécanisme plus simple, gâchette identique à chaque coup.
Exemples : Glock, Walther P99, pistolets de tir sportif à air comprimé.
Action simple vs double action
Simple action (SA — Single Action)
En simple action, le chien doit être armé manuellement avant que la gâchette puisse le libérer. La gâchette n'effectue qu'une seule action : libérer le chien préalablement armé.
Caractéristiques :
- Poids de gâchette très léger (peu de force requise pour libérer un chien déjà armé)
- Excellent pour la précision
- L'arme doit être armée (chien en arrière) pour tirer
Utilisation sportive : presque tous les pistolets de tir sportif de précision (carabine et pistolet compétition) sont en simple action. Les réglages de gâchette extrêmement fins (100-500g) ne sont possibles qu'en SA.
Exemple classique : Colt 1911 (tiré en SA avec chien armé).
Double action (DA — Double Action)
En double action, tirer sur la gâchette effectue deux actions : armer le chien ET le libérer. La course et le poids de gâchette sont plus importants qu'en SA (typiquement 3-5 kg).
Caractéristiques :
- Pas besoin d'armer manuellement avant de tirer
- Poids de gâchette plus lourd, moins précis
- Sécurité intégrée (ne tire pas par accident)
Utilisation sportive : moins courante en tir de précision. Certains pistolets de service utilisés en compétition IPSC.
Double action uniquement (DAO)
Certaines armes n'ont que la double action — chaque coup est tiré en DA, le chien se réarme et revient toujours en position basse. Courant sur certains pistolets de service.
Double action/simple action (DA/SA)
Premier coup en DA (long, lourd), les suivants en SA (court, léger, le chien restant armé par le cycle semi-automatique). Système courant sur les pistolets de service et sportifs de milieu de gamme.
Application en tir sportif
Pistolets à air comprimé (10m)
Les pistolets de compétition à air (Feinwerkbau, Steyr, Walther LP500) sont à percuteur frappeur et à action directe (le mécanisme pneumatique réarme automatiquement). La gâchette est réglable en poids de 150g minimum (règlement ISSF).
Pistolets .22 LR (50m) et grandes puissance
Les pistolets de compétition calibre .22 LR ou 9mm sont généralement en simple action avec chien externe. Le poids de gâchette minimal est imposé par les règlements ISSF pour la sécurité (souvent 500g minimum).
Revolvers sportifs
Les revolvers de tir sportif sont utilisés en simple action (chien armé avant chaque coup) pour maximiser la précision. L'IPSC division revolver autorise la DA mais la SA reste dominante pour la précision.
La percussion dans le contexte de la sécurité
La compréhension des mécanismes de percussion est fondamentale pour la sécurité :
- Savoir si une arme est armée ou non (chien visible = état lisible ; striker-fired = inspecter la chambre)
- Ne jamais diriger une arme armée vers quoi que ce soit qu'on ne veut pas détruire
- Les sécurités (manuelles ou automatiques) sont des aides, pas des garanties — une arme doit toujours être traitée comme si elle était chargée et armée
Source : CIP ; FFTir fiches techniques ; Flayderman (2001)