Histoire

Fondation (1819)

La Manufacture d'Armes de Châtellerault est fondée en 1819 sous la Restauration, à Châtellerault (Vienne, Poitou). La ville, traversée par la Vienne, possède une tradition d'artisanat métallurgique — coutellerie, coutellerie de table, travail des métaux.

La manufacture est créée pour soulager la charge de production de la MAS de Saint-Étienne et diversifier géographiquement l'armement national. Elle se spécialisera progressivement dans les armes blanches (sabres, baïonnettes), les carabines de cavalerie, puis les pistolets.

XIXe siècle — armes blanches et cavalerie

La MAC produit notamment :

  • Sabre de cavalerie modèle 1822 — l'une des armes blanches les plus produites de l'armée française
  • Carabines de cavalerie (gendarmerie, chasseurs à cheval)
  • Baïonnettes pour les fusils MAS

XXe siècle — pistolets réglementaires

La vocation de la MAC se précise au XXe siècle sur les pistolets et armes de poing :

Pistolet modèle 1935 A et 1935 S : pistolets semi-automatiques en calibre 7,65 Long MAS, armes réglementaires des officiers français pendant la Seconde Guerre mondiale.

MAC 50 (1950) : pistolet semi-automatique 9mm Parabellum — arme réglementaire de l'armée française jusqu'aux années 1990.

MAT 49 (1949) : pistolet-mitrailleur produit à la MAC et à la MAT (Manufacture d'Armes de Tulle). Arme réglementaire des sous-officiers et forces spéciales, utilisé en Indochine et en Algérie.

Fermeture (1968)

La MAC est fermée en 1968 dans le cadre des rationalisations industrielles de la Défense. Ses productions sont absorbées par les autres manufactures du GIAT.


Les armes MAC en France aujourd'hui

MAC 50 : catégorie B en règle générale (pistolet semi-automatique 9mm). Utilisé en tir sportif historique par des collectionneurs et des licenciés FFTir ayant une autorisation.

MAT 49 : catégorie A1 (arme de guerre en configuration automatique), B pour les versions déclassées en semi-automatique seulement.

Armes XIXe siècle (sabres, carabines de cavalerie) : catégorie D si antérieures à 1900 — libres à la détention.


Sources : Musée municipal de Châtellerault, Service Historique de la Défense