Histoire
Origines royales (1764)
La Manufacture Royale d'Armes de Saint-Étienne est fondée par arrêté royal en 1764, sous Louis XV, pour centraliser et professionnaliser la production d'armes pour l'armée royale française. Saint-Étienne était déjà depuis le Moyen Âge le centre de l'armurerie française — sa tradition métallurgique, ses maîtres arquebusiers et sa position géographique en font le lieu naturel d'implantation.
La manufacture emploiera jusqu'à plusieurs milliers d'ouvriers à son apogée.
Les armes réglementaires françaises
XIXe siècle :
- Fusil modèle 1866 Chassepot : premier fusil à aiguille français, révolution technologique
- Fusil modèle 1874 Gras : premier fusil à cartouche métallique réglementaire français
- Fusil modèle 1886 Lebel : première arme réglementaire mondiale à poudre sans fumée — révolution mondiale
XXe siècle :
- MAS 36 (1936) : dernier fusil à verrou réglementaire français, calibre 7,5x54 MAS
- MAS 38 (1938) : pistolet mitrailleur calibre 7,65 Long
- MAS 49 (1949) et MAS 49/56 (1957) : carabines semi-automatiques, calibre 7,5x54
- FAMAS (1978) : fusil d'assaut bullpup, calibre 5,56x45 OTAN — arme réglementaire de l'armée française jusqu'en 2017
Fermeture (2001)
La MAS est fermée en 2001 dans le cadre des restructurations du groupe GIAT (Groupement Industriel des Armements Terrestres, devenu Nexter). La production militaire est rationalisée sur d'autres sites.
Les armes MAS en tir sportif
Les armes MAS sont présentes dans les clubs français sous plusieurs formes :
MAS 36 et 49/56 : autorisées en catégorie C (déclaration) pour les licenciés FFTir. Régulièrement utilisées en tir de précision historique, en section « armes réglementaires » des championnats.
FAMAS : catégorie A1 (interdite aux civils) depuis la loi de 2012. Les FAMAS civils (modèles semi-automatiques exportés) sont catégorie B dans certains pays mais restent très rares en France.
Armes de collection : les MAS antérieures à 1900 (fusil Gras, Lebel pré-1900) sont en catégorie D (libre) si elles ont plus de 100 ans.
La tradition stéphanoise
Saint-Étienne reste une ville emblématique de l'armurerie française civile. Les armuriers privés stéphanois (Verney-Carron, etc.) ont longtemps coexisté avec la manufacture d'État. La ville abrite le Musée d'Art et d'Industrie qui conserve des collections d'armes exceptionnelles retraçant l'histoire de la manufacture.
Sources : Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne, Service Historique de la Défense