Présentation
Le MAS 36 est le fusil à verrou réglementaire adopté par l'armée française en 1936 pour remplacer le vieillissant fusil Lebel (modèle 1886). Chambré dans le calibre propriétaire 7,5x54 MAS, il est le dernier fusil à répétition manuelle de l'armée française — après lui viendront les semi-automatiques MAS 49 et 49/56.
Contexte historique
En 1936, la France adopte le MAS 36 alors que l'Allemagne (Kar98k) et d'autres nations s'équipent encore de fusils à verrou similaires. Le choix du verrou en 1936 est critiqué — les USA (Garand M1) et URSS (SVT-40) développent déjà des semi-automatiques.
Le MAS 36 entre en service juste à temps pour la campagne de France de 1940 où il se comporte correctement malgré la défaite. Il servira ensuite pendant toute la guerre (Forces françaises libres, Résistance), en Indochine (1946–1954) et en Algérie (1954–1962).
Caractéristiques techniques
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Calibre | 7,5x54 MAS |
| Mécanisme | Verrou à 2 tenons arrière |
| Capacité | 5 coups (chargeur fixe) |
| Canon | 575mm |
| Longueur totale | 1 020mm |
| Poids | ~3 750g |
| Baïonnette | Inversée (intégrée sous canon) |
La baïonnette inversée
Le MAS 36 possède une baïonnette à lame inversée — la pointe est stockée face vers l'arrière, protégée dans un fourreau sous le canon. Pour la déployer, le tireur la retire et l'inverse. Solution peu conventionnelle, souvent critiquée pour son ergonomie.
Le calibre 7,5x54 MAS
Le 7,5x54 est un calibre propriétaire français développé dans les années 1920 — inconnu dans le reste du monde, ce qui pose des problèmes logistiques importants. Sa balistique est comparable au .308 Winchester / 7,62x51 OTAN, mais les munitions sont peu disponibles aujourd'hui.
Pour le tir sportif, des munitions 7,5x54 MAS sont encore produites par quelques fabricants (PPU notamment).
Statut légal en France
Catégorie C — déclaration pour licenciés FFTir (section armes historiques/réglementaires) ou chasseurs.
Les pièces antérieures à 1900 seraient D (libres), mais le MAS 36 a été produit de 1936 à ~1970.
Sources : Service Historique de la Défense, Musée de l'Armée